PolyAmour ou PolyEmpathie

Tout d’abord, venons un peu, si vous le voulez bien, à une personne qui ne connait pas ce concept et essayons de définir de la manière la plus simple possible.

Le polyamour trouve ses racines dans le terme polyamory américain (USA). Mais il est bien plus ancien que l’on pourrait le croire. En effet, les rois et seigneurs français étaient rarement « monoamour« , ils ont pour la majorité été polyamoureux et avaient une femme (pour les tenues officielles) et parfois jusqu’à plus de dix concubines ou maîtresses. Les relations qui furent par la suite au XIXème les plus fortes – paraît-il – et les plus populaires étaient celles du Ménage à Trois (terme français qui est d’ailleurs repris dans le monde entier), où aujourd’hui nous parlerons plus volontier de Tryade qui serait moins péjoratif.

Toutefois, cette dernière forme de couple s’avérait être un sémaphore pour l’expression global du sentiment amoureux, ou une sublimation du couple. Ainsi, de plus en plus de personnes, des communautés entières, transforment leur couple en un réseau infini polyamoureux. Cependant, il ne semble pas que ce soit la solution, tout du moins dans le concept.

Comme je vous l’ai précédemment écris, le mot polyamoureux provient de l’anglais US : polyamory. Hors, la traduction littérale ne semble pas être exacte.

En effet, dans le français, le terme Amour ne semble pas adapté. L’amour est quelque chose de très connoté puisque ses définitions ont évolué en permanence et ont subit de grandes phases de transformations que je dénombrerai à cinq (cela est personnel, des gens plus pointus du domaine iraient surement plus loin).

1/ La première forme du mot Amour remonterait aux Grecs (Grèce antique) qui l’ont décomposé par ces termes : l’éros, la philia, l’agapè et la storgê. Cela scindait les différentes formes d’amour afin d’éviter les abus et de donner un cadre pour légiférer. Bien sûr, vous connaissez les Grecs… et vous savez surement que c’était des accrocs aux relations amoureuses avec de très jeunes éphèbes (généralement des petits garçons pré-pubères) confondant et cumulant les formes définies. Ce type d’amour s’est étendu jusqu’aux Romains et la chute de Rome. Il est d’ailleurs « drôle » de constater que c’est à cette période qu’un certain Constantin donna crédit à une toute petite secte s’adonnant volontiers à la pédérastie (la pédérastie est l’attirance d’homme adulte envers des jeunes garçons) dont les membres avaient repris des légendes du Moyen-Orient pour en faire un emmagasinement de préceptes et d’indications : ainsi naquit le chrétienté.

2/ Et là, nous avons quelque chose d’important car les chrétiens entre la chute de Rome et le Moyen Âge étaient proches des relations homosexuelles (un bon exemple : Serge et Bacchus de Rasafa – IIIè à IVème siècle) mais haïssaient les femmes. Ils ont alors réduit (nous parlons du départ de la religion) à trois relations : le Christ (culte de l’amour du corps de l’homme, amour absolu philia), la vierge (l’ancien Storgê, l’amour familial) et la dévotion à des meneurs philosophiques/charismatiques (qui seront représentant religieux : papes, curés,…). Il devient important de voir que l’agapè grec d’amour universel (phil) devient la communion des repas au sein de l’Église (rel). Et que Éros qui est la seule chose palpable (ero-tisme) soit dévolu à l’interlocuteur réel (le représentant du Culte).
Nous avons donc là un bouleversement complet des définitions. Sans doute cela était-il pour échapper aux lois (c’est une théorie intéressante)…

3/ Par évolution, au milieu de l’âge sombre que l’on connaît, plus que deux « amours » étaient réalisables : l’amour familial et l’amour universel. Le problème que je vois ici est que l’amour physique, la seule chose concrète qui permet la survit en quelque sorte, est supprimée. Il est ainsi rattaché la totalité des amours à la famille, tandis que l’autre est un amour de la transcendance par l’âme à la déité via l’amour universel. Du paysan au roi, nous avons tous lu dans nos livres d’histoire les ignominies qu’il s’y perpétrait du mariage entre frères et sœurs ou même entre ascendances et descendances. Avec les conséquences qu’on a connu sur le mélange de haine, d’amertume, de possessivité et de jalousie ; mais aussi des problèmes biologiques, psychologiques et sociaux. Je ne vais pas vous faire un dessin.

4/ La quatrième révolution de l’amour a été parmi la période du romantisme de la renaissance. Cette même période qui est née d’une explosion créative par l’art. Cette période a été consacrée (nous dirons en bonne partie) en la recherche d’un Idéal de l’Amour avec un grand « A ». La recherche d’un retour à la source grec mais en fusionnant tous les quatre termes. L’expression en quelque sorte de l’idéal amoureux qui serait notre époux/se, notre mère, notre fille, notre confidente, et l’être par lequel on transcenderait. Concrètement, ce fut la plus miséreuse période de l’histoire. Combien de morts par une passion créée, passés au filament de l’épée, une culture et des comportements engendrées par celle-ci ? L’être unique qui fait la liaison entre l’individu et le personnage surnaturel.

5/ Ce que je vois comme étant la dernière étape de l’amour a été la culture générée par l’individualisme post seconde guerre mondiale. De la recherche de la connexion en la déité est passé à la recherche de la meilleure image que l’autre pourrait donner de soi.

La première conclusion à ces cinq parties d’histoire est sans doute quelque chose que vous auriez en tête : et les années 70 ? Où les gens croyaient au tout-amour et à la sexualité libre ? Je n’en fais pas mention car cette période, bien que marquante dans l’esprit de nos plus anciens lecteurs, n’a été qu’une action qui n’a eu pour conséquence qu’un renforcement des comportements individuels, une sorte d’hédonisme survitaminé à l’égoïsme du plaisir et du désir individuel qui aurait surement passionné le Marquis de Sade, mais pas plus.

La seconde conclusion est que notre approche-même à un terme au travers du mot amour est égocentrique, manipulé par l’histoire et traduit par une unité qui ne peut être partagé.

La troisième conclusion se situera seulement uniquement sur une phrase terrible : je t’aime. Il est effroyable de voir que c’est un terme privatif et exclusif. Je vous laisse réfléchir au pourquoi du comment.

Alors, pour exprimer les relations entre les Hommes, je serai en accord pour concevoir une totale absence de langage vocal au profit d’un langage absolument gestuel à l’instar des sourds-muets communiquant avec la totalité de leur corps, acquièrant ainsi un vocable énormément plus riche. Mais j’en veux surtout au sentiment. Si vous pensez que vous avez des sentiments pour quelqu’un, il est important que vous sachiez définir qu’un sentiment est une alternance d’état mental. Alors qu’il est une dérive d’un comportement social déviant, le sentiment est un acte totalement appris (à contrario d’inné), et donc culturel.

C’est ainsi que les relations multiples deviennent un acte naturel en concédant à un autre langage dont trois qui sont mes favoris :
– l’empathie,
– la myriade,
– l’extensionnalité.

Pour le premier terme, je pense que vous avez un idée de ce dont il s’agit. L’empathie consiste en la facilité ou en l’exercice à définir ce que l’autre ressent et le soutenir par la traduction de l’idée que l’on s’en fait et de l’expérience de ce rendu. Ainsi, lorsqu’une personne pleure, l’utilisation de l’empathie permet de définir qu’elle a un chagrin, d’être triste pour elle et d’essayer de la soutenir. L’empathie a de positif que ce n’est pas un sentiment. Elle nécessite d’acquérir soit-même l’état de l’autre afin de le soutenir. En bref, l’empathie est une prise consciente de position positive pour une ou des parties. Ainsi, le polyempathisme serait ce même acte de façon simultanée sans accuser une quelconque appartenance et en ignorant donc le concept d’une quelconque de jalousie. Certains parlent d’un contraire avec le terme : compersion (nom féminin).

La myriade est synonyme de non-calculable et gratifie la différence. Une myriade amoureuse serait un terme abrasif que l’on aurait sans doute envie d’exprimer, mais sans doute trop violent pour les personnes très traditionalistes.

L’extentionnalité est un terme inventé par M. Fresco exprimant que chaque personne extensionnelle à la vôtre, c’est-à-dire qui vous apporte quelque chose est par ce fait votre concubin. Si vous souhaitez une définition plus exhaustive, c’est par ici :

Mais… Et le SEXE !!!
Nous sommes là à la croisée des chemins. Pourquoi mettre dans ces termes une notion de sexualité ? Et pourquoi ne pas en mettre ? En fait, j’estime personnellement que nous avons un outil qui permet de savoir si l’on peut copuler avec une relation ou non, et il s’avère que cela s’appelle la raison. Je parle de la raison comme une valeur scientifico-philosophique. Scientifique tout d’abord car la raison repose sur des processus dynamiques et que l’on peut remettre en cause. Philosophique ensuite car l’usage des termes nécessite une certaine maîtrise et connaissance de soi.
Dans la raison, il y a aussi d’autres outils définis par ces deux précédents termes comme l’éthique, la biologie, etc etc…
Éthique car nous savons que faire des cochonneries avec des enfants est un acte scandaleux car intellectuellement, ils n’ont pas la possibilité d’en réfléchir tous les paramètres (oui oui, je ne parle pas de morale religieuse qui autorise elle à coucher avec ses enfants par exemple avec la Genèse 19.30-38 – et je ne pense pas qu’un moratoire soit utile pour penser que ces actes sont des aberrations en soi).
Mais aussi biologique comme la reproduction en un humain et une mouche. Bien que la S.F. a réussi à en créer un mutant (oui, je sais, ils n’ont pas procréé. L’exemple était juste humoristique).

Alors, pourquoi ne pas reprendre le mot « amour » et le définir ?
Je dirai que c’est à cause du mot en lui-même. Son histoire, sa(ses) définition(s), son étymologie, (…), tout est prétexte à le supprimer.

Prenons maintenant la polyempathie.

Les gens pensent que lorsque l’on est polyempathique, c’est-à-dire que l’on a des relations avec plusieurs femmes et/ou hommes, on divise nos envies (charnelles, sentimentales,…) en plusieurs parts. Certains même pensent que l’on essaie de s’accorder en parts égales.

Il me semble que cela est une erreur. Car en fait, dans ce type de relation, ce n’est pas le cœur qui doit être scindé, mais l’emploi du temps qui est une difficulté. Le « cœur », lui, ne peut être que multiplié.

De plus, il y a des niveaux de relations. Une relation primaire par exemple sera une relation dans laquelle deux individus (ou plus) seront en lien très fort (où le sexe peut être inexistant – quoi, un amour sans sexe ? – ce n’est pas de l’amour d’abord, et puis des relations sans sexe sont possibles), s’accordant sur beaucoup ou la plupart de leur(s) passion(s), ou de l’utilité qu’à l’un pour l’autre. Une relation secondaire où il est décidé entre les parties que chacun peut se voir mais pour des fonctions particulières (uniquement des câlins par exemple – encore pas forcément du sexe hooooo). Et pourquoi pas une relation tertiaire qui serait ponctuelle, très irrégulière ou éloignée dans le temps (là, ce peut être uniquement sexuel, pour une soirée, des câlins, etc…).

Démonstration de type de réseaux :
schema
(cliquez sur l’image pour l’apercevoir dans son contexte)

Pour terminer, je vous partage une image qui est, je trouve, très explicite sur la comparaison des formats de relations :

polygamie_vectorielle_image

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2 réflexions sur “PolyAmour ou PolyEmpathie

  1. Pour moi la polyempathie c’est la solidarité émotionnele avec l’autre, solidarité ressentie et non calculée, bien que le calcul et la raison puisse aussi amener au ressenti. Je suis aussi absoluent contre y mettre une quelquonque connotation sexuelle qui déforme complètement le concept en le tirant vers la trop souvent malsaine gratification extrinsèque..

    San cojmpter qu’à l’époque su SIDA et de toutes le STD qui se balladent on a vraiment pas besoin d’être encouragé à forniquer de tous les côté!

    • Bonjour,
      Je vois tout à fait ce qu vous tendez à dire. Toutefois, ce texte est pratiquement obsolète à force d’expérimentation ayant découvert une multitude de choses au gré de mes expérimentations et des échanges avec des gens de tout horizon. Peut-être publierai-je, peut-être pas. Je laisse cependant cet article car il amène un tas de nouvelles approches et surtout, il représente un pan et une réflexion dans un période de ma vie. 🙂

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