L’apostasie diplômante

Vous connaissiez surement la déclaration d’apostasie qui consiste en renier un dogme, une religion ou une spiritualité dans un cadre officiel…

Je fais actuellement la demande d’une apostasie de diplôme permettant d’abandonner le statut du diplôme lui-même. Par exemple, si vous êtes diplômé du baccalauréat scientifique, et que vous formez ce type de demande, alors l’Académie où vous avez passez votre certification devra supprimer votre nom de sa liste.

Pourquoi ?

De nombreuses personnes se plaignent (si ce n’est tous) du système éducatif. Celui-ci, que j’ai déjà décortique dans l’article L’école est-elle devenue obsolète, ne trouve pas d’opposition vraiment farouche à une reconstruction complète de son approche à l’enfance jusqu’à l’adulte.

Du côté des plaignants, leurs moyens de lutte est soit de s’en plaindre, soit de manifester à son encontre, soit encore de créer de structure alternative dépendante dans tous les cas de la même institution. Je me suis largement demandé comment lutter pour que nos enfants, scolarisés ou non, n’aient pas à faire allégeance à l’éducation.

Plusieurs penseurs, films, et autres produits culturels nous ont soulignés l’importance que pour qu’il n’y ait plus de maître, il ne faut plus d’esclave. Puis je me suis posé la question de ce qui légitimait le plus l’Éducation Nationale dans sa doctrine auprès du peuple. La seule réponse que j’ai pu y trouver était ses diplômes qu’ils présentent comme leur graal, le seul atout à tous à battre et qui permettent de vivre sa vie d’adulte.

Personnellement, je n’ai pas besoin d’un diplôme pour vivre. Un diplôme, comme le système monétaire, est un artefact de confiance qui, tant qu’elle demeure, domine les consciences en droit et dépouille l’individu de son pouvoir d’instruction.

En abandonnant le diplôme, je piétine la valeur qu’il pense se porter, et je démontre que mon instruction m’appartient dans ma liberté des choix que je lui appose.

L’avantage est énorme. Il n’a aucune conséquence pour moi puisqu’aucune de mes compétences actuelles n’est dépendante de mes diplômes. Il n’y a pas de loi qui punisse cela, bien au contraire. C’est un acte complètement assumé et qui peut s’avouer rapidement. Et si d’aventure de nombreuses personnes avaient la même action, l’Éducation Nationale perdrait son entière autorité.

Et vous ? Où en êtes-vous ? Qui osera ?
Bientôt plus d’informations sur le procédé.

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7 réflexions sur “L’apostasie diplômante

  1. Les premières questions qui me viennent à l’esprit, sont :

    Comment serait alors évaluer les compétences de l’individu ?

    Quelle procédure d’accréditation des compétences ?

    Contrôler par qui, quoi, comment ?

    Quel outil pour permettre la confiance en un dit compétent, par/pour toute personne ou besoin ? Ce sans les instances conventionnelles/traditionnelles ? Sous quel contrôle ? Comment garantir l’incorruptibilité à l’intérieur du système socioéconomique actuel et ses différentes institutions ?

    Bref, remplacer oui, mais par quoi ? Car ce n’est pas demain matin que nous irons chez le premier touriste se prétendant médecin lorsque l’on on est souffrant. Quid de la légitimité, en dehors de l’expérience affichée et autres ‘crédits’ non étatiques ?

    • La plupart des professionnels ne sont pas intéressés aux diplômes, préférant l’expérience de la personne. Au contraire, ils abhorrent ce qu’ils appellent aujourd’hui les diplômés et surdiplômés (la paie devant suivre le diplôme).

      Il n’est pas possible d’évaluer les compétences d’un individu par un diplôme. De plus, dire que l’on a acquis l’expérience via des outils divers et nonsco, et que participé à des travaux en lien avec le métier pointé sont les seuls points de haute légitimité. Cela démontre également la motivation et l’intérêt pour le domaine.

      Même un docteur peut également abandonner ses diplômes. En effet, la grande majorité des français se dirige vers des spécialistes du secteur médical qui n’ont aucun diplôme pour leur domaine. Je pense notamment aux psychothérapeutes, et autres médecines dites alternatives. Comme je l’ai mis dans le petit article, j’avais écrit une tribune entière déjà sur les alternatives et j’ai donc trouvé vain de réexpliquer encore les mêmes choses.

      Pour terminer, dans l’Institution Scolaire, la production de diplômes altère l’apprentissage des domaines visés. En effet, l’étudiant va apprendre par cœur pour acquérir le diplôme sans finalement comprendre les catégories sous-jacentes à ce qu’il lui est enseigné. Pendant le passage du diplôme jusqu’à l’obtention, le jeune (ou moins jeune) accumule du stress ce qui produit des effets très négatifs sur sa santé. Lorsqu’il a acquis ledit diplôme, tout ce qui a été appris est passé aux oubliettes car il n’y a plus aucune motivation à faire perdurer les informations stockées – ces dernières n’étant plus pertinentes ni aux réalités, ni à l’acquisition d’un véritable bagage.

      • Cela ne répond pas aux points que j’ai soulevé. Je comprend et partage en partie ton point de vue sur les problèmes liés à l’apprentissage, à la structure de l’enseignement aujourd’hui, etc. J’estime également que ce doit être réformé. Ce dont je parle concerne l’accréditation de compétences. L’évaluation des acquis d’une personne dans un/des domaines d’étude(s).
        Je ne remet pas complètement en cause ta position sur le les diplômes, mais plutôt, je questionne au sujet des moyens qui pourraient remplacer les structures actuelles. Il faut bien valider les acquis d’une personne, je ne vais pas faire l’affront d’expliquer pourquoi.

         » La plupart des professionnels ne sont pas intéressés aux diplômes, préférant l’expérience de la personne. Au contraire, ils abhorrent ce qu’ils appellent aujourd’hui les diplômés et surdiplômés (la paie devant suivre le diplôme).  »

        – Rejeter les personnes ayant étudier leur sujet pour des motifs économiques est aussi la meilleure façon de se retrouver dans une société d’incompétent.

         » Il n’est pas possible d’évaluer les compétences d’un individu par un diplôme.  »

        – Quel système pour évaluer les compétences ?

         » la grande majorité des français se dirige vers des spécialistes du secteur médical qui n’ont aucun diplôme pour leur domaine. Je pense notamment aux psychothérapeutes, et autres médecines dites alternatives  »

        – C’est bien le signe d’une société qui serait illettrée. Un énorme problème de salubrité publique. Je ne pense pas qu’il faille voir d’un bon œil le rejet du corps médical. C’est plutôt le signe de l’insanité.

        Nous sommes bien d’accord qu’il faille réformer et créer de nouvelles écoles fondées sur le savoir actuel.
        Prudence toutefois de ne pas verser dans un extrémisme réducteur, là il faudrait faire preuve du plus grand sérieux.

      • « Il faut bien valider les acquis d’une personne, je ne vais pas faire l’affront d’expliquer pourquoi. »
        Il n’y aucun besoin de vérifier les acquis. Quand une entreprise embauche, il y a une période de formation comprise dans ce que l’on appelle la période d’essai. Cette dernière sert justement à déterminer la pertinence d’une personne positionnée sur un emploi. 🙂

        « Rejeter les personnes ayant étudier leur sujet pour des motifs économiques est aussi la meilleure façon de se retrouver dans une société d’incompétent. »
        Je ne comprends pas (?)

        « Quel système pour évaluer les compétences ? »
        Il n’y a pas besoin d’un standard d’évaluation qui serait de toute façon faux. C’est par l’expérience de la démonstration du savoir-faire de la personne que cela détermine si elle est apte ou non, et ce, quel que soit le domaine.

        « C’est bien le signe d’une société qui serait illettrée. Un énorme problème de salubrité publique. Je ne pense pas qu’il faille voir d’un bon œil le rejet du corps médical. C’est plutôt le signe de l’insanité. »
        Ce n’est pas la cause des causes. 😉

        « Nous sommes bien d’accord qu’il faille réformer et créer de nouvelles écoles fondées sur le savoir actuel. »
        Je ne suis pas d’accord : il ne faut plus d’école. Nous nous dirigeons de plus en plus vers des systèmes d’apprentissage dématérialisés qui eux-mêmes se basent sur le volontariat de la personne à acquérir telle ou telle connaissance. La question qui se pose plutôt est de savoir comment les personnes pourraient expérimenter. La réponse est simple : au lieu de faire des stades de foot et autres sports d’affrontement chers en ressources et vacants la plupart du temps, construisons des lieux en libre accès pour tous de chaque domaine des connaissances humaines. Ainsi, nous aurions la connaissance d’une part, l’expérience de l’autre, le tout dans une démarche volontaire, gratuite et dynamique.

      • Je comprend bien l’intérêt pour l’apostasie du diplôme, qu’il est vrai m’a tout l’air de novateur et prometteur.
        Mais concernant les moyens de contrôle des compétences et domaines d’expertises, il y aurait des points à creuser, non ?

      •  » « Rejeter les personnes ayant étudier leur sujet pour des motifs économiques est aussi la meilleure façon de se retrouver dans une société d’incompétent. »
        Je ne comprends pas (?)  » => « Au contraire, ils abhorrent ce qu’ils appellent aujourd’hui les diplômés et surdiplômés (la paie devant suivre le diplôme). »

        Se passer des personnes diplomées, pour des motifs d’économie (la paie devant suivre le diplôme), est aussi la meilleur façon de se retrouver dans une société gérée par des incompétents. Les critères de sélection.

         » « Il faut bien valider les acquis d’une personne, je ne vais pas faire l’affront d’expliquer pourquoi. »
        Il n’y aucun besoin de vérifier les acquis. Quand une entreprise embauche, il y a une période de formation comprise dans ce que l’on appelle la période d’essai. Cette dernière sert justement à déterminer la pertinence d’une personne positionnée sur un emploi. 🙂  »

        Bien que je conçoive bien cela, je doute que cela puisse s’appliquer dans tous les cas de figure, notamment dans la Santé.

         » « Quel système pour évaluer les compétences ? »
        Il n’y a pas besoin d’un standard d’évaluation qui serait de toute façon faux. C’est par l’expérience de la démonstration du savoir-faire de la personne que cela détermine si elle est apte ou non, et ce, quel que soit le domaine.  »

         »  » par l’expérience de la démonstration du savoir-faire »  » Il y a donc bien une ou des procédures d’évaluation et d’accréditation des compétences. Toujours.

        Pour ton dernier désaccord, tout environnement qui permet l’acquisition consistante de savoir et d’expérience fait office d’école. C’est à prendre au sens large, pas juste au sens étroit d’un système scolaire réglementé, rigide et enrégimenté…
        Si les technologies émergentes promettent une nouvelle ère lumineuse, nous sommes encore les deux pieds dans le ‘middle-age’ du 21ième siècle, avec toutes les réalités sociales que cela implique. Si j’entends bien l’enthousiasme éclairé, je vois aussi la difficulté du présent…

        Bref, faisons sauter les diplômes et vivement TVP. 🙂

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