Croyance et science ?

Un jour, il m’a été demandé qu’elles étaient mes croyances. J’ai répondu que j’étais athée. J’ai eu tort. Être athée ne signifie pas ne pas avoir de croyance, cela signifie que l’on n’adhère à aucun théisme ou gnose. Cela est le cas : je n’adhère à aucune chose surnaturelle (qui dépasse le monde naturel). J’ai donc deux croyances très fortes. La première est celle de la science. Je crois absolument que la science est le meilleur outil qui décrit le monde qui nous entoure et nous compose. La seconde est ma foi en l’humanité et ses valeurs dynamiques. Je crois que plus les humains prennent soin les uns des autres, se soutiennent, partagent leurs connaissances, se créent des opportunités favorisant l’autre, meilleur peut être le monde et plus il y fait bon vivre.

La science nous a offert l’astronomie qui, en regardant loin dans les étoiles, nous a appris comment nous sommes nés. La science nous a offert la chance d’aller loin dans l’espace, qui, en regardant au-delà de notre ciel de nuages, nous a permis de voir la Terre de plus près et de prendre conscience de sa fragilité. La science nous a permis de voir des choses plus petites que ce que nous pouvons voir de plus petit, ce qui, en admirant cette infinité régie par des règles différentes à notre monde, nous a montré que nous sommes façonnés des mêmes blocs de construction que tout ce que nous pouvons voir et tout ce que nous ne pouvons voir. La science nous a offert d’extraire des fragments de pierre appelés fossiles, qui, en extrapolant avec génie le matériel composé, nous a permis de remonter l’histoire et d’expliquer l’évolution de l’ensemble du vivant et de son environnement passé. Si je devais continuer à énumérer ce qui nous a été donné par cette connaissance (Scientia), ma vie ne serait pas suffisante.

Alors, si la recherche et la découverte du monde naturel, dénuées de superstition et d’animisme, sont appelées croyances, effectivement, je suis croyant.

De même, ma foi en l’humanité ne tient pas en la part de ses individus qui la compose, mais en tant que vision totale de la population humaine. Du petit rongeur aux premiers homininés, jusqu’à Sapiens, le chemin parcouru a été gigantesque. Aujourd’hui, l’ensemble de l’humanité, dans son échelle d’espace et de temps, évolue vers une dimension moins adolescente et plus adulte. Elle ne caricature plus son monde de personnages mystiques. Elle ne se limite plus à la communication locale. Elle n’est plus à la merci des éléments. Elle devient, peu à peu, une entité consciente de son existence – pour être consciente de son existence, il suffit qu’elle agisse dans son regard à l’univers avec humilité -. L’anthropocène démontre aussi, qu’après avoir marché ces derniers siècles à tâtons, que l’humanité sera dorénavant garante de la santé des astres sur lesquels elle vit. Si nous n’avons pas encore atteint la maîtrise du climat à la hauteur de ce que les arbres peuvent en contrôler les paramètres planétaires, nous voyons plus loin et devenons ainsi plus responsables.

Tant de monde semble dénoncer la science avec laquelle, pourtant, ils travaillent et vivent tous les jours. Sapiens est, grâce à la science : la science de la connaissance, de l’outil et de la reconnaissance de son monde.

Il y a quelques millénaires, l’univers nous a offert son premier grand cadeau, le secret de son fonctionnement : les mathématiques. Depuis la Grèce antique, nous nous questionnons pour savoir pourquoi ce domaine décrit parfaitement le tout. Pour certaines disciplines, les mathématiques avaient déjà posé les fonctions des milliers d’années avant que nous en fassions la découverte par l’observation. Les physiques sont le pont entre Mathématiques et Science. Partant de Lucrèce, en passant par Newton, nous avons pu comprendre pourquoi les anges ne peuvent exister. Et ces paramètres ont été amplifiés par la biologie, initiée après l’anatomie qui était déjà millénaire, à la première année du XIXème siècle. Puis, à partir du moment où Darwin a permis de décrire la mécanique du vivant, les connaissances sont allées de façon exponentielle, visitant tous les coins et recoins de tout ce qui est observable, calculable et/ou expérimentable.
La méthode scientifique, proposée par Nausiphane pour le scepticisme, Diogène pour l’esprit critique, puis développée par Ibn Al Haytham pour l’approche expérimentale, puis Bacon pour l’empirisme, Descartes pour le raisonnement, David Hume pour l’analytique, Stuart Mill pour la logique, Karl Popper pour les critères de réfutation, (…) a permis l’extension des sciences à tout ce qui entre dans ses paramètres.

Les sciences actuelles, dans leur représentation, sont la fondation des centaines de milliers d’hommes et de femmes qui ont révolutionnés tour à tour la pensée de l’humanité. Et chaque petite pierre apportée par chaque recherche et chaque étude, par des centaines de millions de personnes, forme la plus grande construction universelle : la science.

Et, pour ma part, tant que nous n’aurons pas trouvé un meilleur outil, tant que l’ensemble de la science sera cohérent (je n’ignore pas les problèmes qui pourraient y avoir en son sein et individuellement), alors ce sera l’unique et la plus grande merveille de l’humanité.

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2 réflexions sur “Croyance et science ?

  1. Vous semblez affirmer que la science nous donne accès à la nature qu’elle est, là où je dirais que la science nous donne accès à la manière dont l’homme peut y poser la patte. Toute théorie, toute formule n’est-elle pas en effet la manifestation de l’idée selon laquelle l’homme doit pouvoir maîtriser les phénomènes de la nature ?

    Si tel est le cas, alors la science n’est que l’instrument de l’homme. Et c’est peut-être ce qui embarrasse certaines personnes qui se retournent contre la science: le fait que l’instrument devienne but en soi, avec les dérives que cela suppose. De fait, ils seraient nombreux ceux qui diraient aujourd’hui que l’homme a besoin de réfléchir davantage à sa destination qu’aux moyens pour s’y rendre. Songeons seulement au domaine des communications, où la science nous permet, par la maîtrise des ondes, d’abolir totalement les contraintes de l’espace. Mais pourquoi cette rapidité exactement ? Nous fait-elle mieux vivre ?

    • Toute théorie, toute formule n’est-elle pas en effet la manifestation de l’idée selon laquelle l’homme doit pouvoir maîtriser les phénomènes de la nature ?

      L’idée n’est pas ici de la manifestation ou de maîtrise de la nature au sens de sa manipulation, mais plutôt au sens de sa compréhension. L’idée est que la science est la meilleure méthode connue pour décrire la nature.

      Songeons seulement au domaine des communications, où la science nous permet, par la maîtrise des ondes, d’abolir totalement les contraintes de l’espace. Mais pourquoi cette rapidité exactement ? Nous fait-elle mieux vivre ?

      Il y a énormément de choses. Comme vous le mettez, la science permet cela. Ce n’est donc pas à dessein. Ainsi, si les choses s’accélèrent, c’est que la pression environnementale exige cela. Donc, il faut en trouver des causes exogènes. Déjà, on peut remarquer une accélération de la science qui est complètement mécanique : une augmentation de la population en deux siècles avec une augmentation encore plus forte de l’éducation populaire, entraînant un nombre bien plus élevé de scientifiques, de techniciens, d’ingénieurs (…), ainsi que, des outils de plus en plus pointus, diversifiés et nombreux.
      Concernant le mieux-vivre, effectivement, cela nous fait mieux vivre d’une part, et moins bien vivre d’autre part. C’est en grande partie la cause d’une société fondée sur la monnaie où les outils asservissent les éléments pour lesquels ils sont censés travailler et produire. Il serait nécessaire de produire une société dans laquelle les outils assurent les moyens de produire et travailler pour nous en servage et au moyen desquels nous pouvons vivre mieux. Un peu comme le disait Sismondi, toute personne mise au chômage devrait être considérée comme sauvée de l’emploi, notamment grâce aux machines, où ils auraient une partie de la richesse de ces machines (au lieu que ce soit un chômage à cause des machines, entraînant pauvreté etc). Je vous invite à visionner cette superbe vidéo de Paul Jorion sur le travail :

      Cdlt
      S.B.

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